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Bordeaux-Paris Randonneurs (628 Km-32h10). Vol 2/2

samedi 21 juin 2008, par Krusti

En route pour le 3° tronçon celui-ci fera 80 kilomètres. On sent un peu la fin de l’après-midi. On est pas loin de ma région d’origine, moi le bouseux né dans le 49 et ayant habité longtemps le 37. Nous passons / passerons par la Vienne (86) l’Indre (36) l’Indre et Loire (37) le Loir et Cher (41) soit La partie Sud-Est / Est de ma région… L’après midi touche à sa fin. La chaleur commence à tomber, nous passons dans des villages magnifiques à faire tomber Pernaud à la renverse.Un fontaine apparait soudain, au moment ou je décide de remonter ma selle qui inexorablement s’enfonce dans le cadre...Cette fois-ci je sers bien, je suis bien content d’avoir mes 3 clefs alen dans la poche arrière sur ce coup là... Un mot sur l’accueil. Les grandes classique de vélo donnent toujours lieu aux même réflexes sympathique chez les habitants des villages l’illustration fameuse est la sortie du siège, que l’on pose sur le trottoir et hop on s’assoie au regard. Une formule que j’aime bien est celle avec ses voisins/copains autour d’une table un kil de rouge au milieu et hop on applaudi les cyclistes entre 2 dégustations. Les cyclos aiment cette réalité. Nous ne manquons pas de saluer nos « admirateurs » qui nous flattent sur l’exploit que nous serions en train de réaliser. A ce stade nous sommes sur un nuage. On nous a proposé à boire à manger aussi… Mais nous sommes sous contrat avec « Malik Assitance alors…. »

L’après midi est éprouvant, toujours une chaleur de bouc et les bornes qui s’accumulent rendent tout un peu plus difficile qu’au début. Globalement çà va bien ceci dit, pas de problème technique ou physique majeur, on est "dedans" et la moyenne horaire est tout à fait conforme aux prévisions. Arrive l’épisode de la fontaine : au milieu d’un patelin, une vision divine sous la fournaise, une fontaine !! Tout le monde y plonge alors la tête avec un bonheur indescriptible. Mon père me dit que çà lui rappelle le tour 1950 ou tout le peloton s’était arrêté pour prendre un bain dans la méditerranée. Krusti repart avant nous pour ne pas perdre le gruppetto (il pensait que nous étions déjà repartis) et nous nous dépêchons avec Enzo et le St Patron pour ne pas perdre le contact. Dans la précipitation nous ratons une flèche nous indiquant de tourner à droite et ne voyant pas le père Krusti je décide d’envoyer du lourd pour reprendre le groupe. Au bout de 2 3 kms nous nous apercevons de notre erreur, damned, 5 bornes de plus pour des prunes !!Après synchronisation via les portables Krusti retrouve Malik au km 280, une autre terrasse où nous rechargeons les accus. Le paternel commence à avoir de mauvaises sensations (bide en vrac) et comme un vrai Frogus décide de s’envoyer une paire de binouzes pour curer le problème.















Arrivée Martizay (C3) Km 313. C’est la fin de la récré. St patron, le papa de fanfan, au palmarés redoutable et qui n’a rien à nous prouver coté vélo souffre terriblement. Fringale cumulé au soleil qu’il redoute par-dessus tout ? La sagesse, qui est la marque des grands, le fait abandonner à ce point de contrôle. Il restera néanmoins avec nous jusqu’à la fin, prodiguant ici et là quelques conseils et nous apportant également du réconfort par sa simple présence. A Martizay je change complètement de textiles. C’est qu’il faut préparer la prochaine tombée de la nuit. Certes il nous reste plusieurs heures devant nous mais C4 sera nocturne. Et il fera plus frais…

Le prochain point de contrôle est au km 313. Nous perdons le paternel assez rapidement, il gère comme il peut. Enzo chute en haut d’une bosse en essayant d’éviter ma roue, bilan quelques égratignures et surtout un hématome sur la paume de la main, particulièrement gênant car il peut difficilement la poser sur le guidon. Nous attendons que la fraîcheur s’installe mais cela tarde à arriver car le bitume a accumulé la chaleur de la journée. Arrivés au point de contrôle nous bénéficions du premier ravitaillement de l’organisation. Mon père arrive décomposé, je vois qu’il est très mal. Il supporte mal la chaleur et aujourd’hui il est servi. Il est évident qu’il ne peut pas repartir aussi je propose que Malik reste avec lui pour qu’il puisse se reposer une heure dans la voiture. Je suis à moitié rassuré mais nous repartons, il fait suffisamment chaud pour ne pas changer de textile jusqu’au prochain point de contrôle au km 383 même s’il est déjà 20h. Les bornes défilent sans trop de soucis même si la fatigue est là. Enzo perds son Garmin sur un passage à niveaux, le bazar est en vrac mais il récupère tous les morceaux. Nous faisons un arrêt dans un village pour reprendre des forces ; nous voyant étalés sur les marches d’une église un voisin ne tarde pas à nous proposer un ravitaillement en eau, avant que sa femme nous propose carrément de diner chez eux ! Nous déclinons poliment, on ne peut pas se le permettre, les sub 35h ne sont pas encore dans la poche. Peu après Malik nous informe qu’il est reparti avec mon père dans la voiture, il a vomi à plusieurs reprises, impossible de revenir dans la partie pour faire les 310 bornes restantes. Je devine sa déception, même s’il n’a plus rien à prouver côté vélo, le fait de ne pas pouvoir aller au bout avec nous le déçoit forcément. Heureusement que Malik est là, encore une fois, pour prendre soin de lui. Ils partageront la fin de l’aventure ensemble, et je crois que çà s’est pas mal passé. Au km 345 je lève les bras, le record de distance de Paris Boneffe vient de tomber !!! Nous allumons les feux arrières puis un peu plus tard les feux avant, rien à voire avec le trajet en Belgique, nous avons du matos de pros !





Nous basculons vers l’inconnu, aucun des 3 Frogus sur ce parcours n’a jamais fait plus que les 345 Bornes du Paris Boneffe récent. C’est pas rien. Les villages que nous traversons continuent de nous éblouir. C’est beau, calme et ça ne fait pas encore mal… La nuit tombe doucement et là quelque chose de mystérieux se joue. Le parcours est comme même magnifique et les responsables ont bien fait les choses, les routes sont belles plutôt de qualité (aucune crevaison) et la circulation est souvent quasi-inexistante. Le point C4 de Noyer au Km 383 est surréaliste. C’est la zone comme on disait quand j’habitais Tours. Une fête de la musique de bric et de broc autour d’un bar blindé en cyclos. Les photos parleront. Trop drôle…. J’ai mis les textiles de mon Club PSA et une brochette de cyclos de la table voisine reconnaît CRABE (Club Routier Amatteur de Bicyclette d’Evasion) et des regards complices sont échangés… On ira pas plus loin je suis une pièce rapportée… Il faut décider. On mange ? Maintenant ? Au point suivant qui est Romorantin est son importance stratégique ? Pour le sommeil on verra plus tard pour la bouffe c’est au moment ou j’évoque la possibilité d’un saucisse Frites que Fanfan semble avoir entendu une parole divine son regard s’illumine, cet homme a faim. De la faim il en faudra pour manger cette immonde assiette. Échange de téléphone avec la femme de ma vie et on y retourne…. Nuit noire.

La transition est nette, nous sommes arrivés au km383 la nuit tombante, nous repartons avec la nuit noire qui réclame un surplus de vigilance et donc d’énergie. Il n’y a que 35kms jusqu’au prochain arrêt et nous rattrapons un groupe qui trace bien. Ca va assez vite et la nuit accroît l’impression de vitesse. C’est réellement grisant, je prends vraiment du plaisir à cet instant malgré la fatigue.Nous arrivons à Romorantin où se situe le point de contrôle ainsi que le second et dernier ravitaillement. Enzo dormirait bien un peu, Krusti vote pour, perso je n’ai pas sommeil mais je me dis que la pause va me faire du bien car musculairement je commence à piocher et je sens une douleur dans les deux genoux. Ce sont les TFL, les mêmes qui m’ont pourri la prépa du Marathon de Paris et que j’avais aussi un peu sentis lors du Paris Boneffe. Nous décidons donc de nous reposer deux heures. Enzo et Krusti partent à la recherche d’un endroit où « bivouaquer » et Enzo nous rappelle 30 secondes plus tard pour nous indiquer un coin du parking qui semble en effet à l’écart du reste. Krusti déploie son lit de camp, Enzo sa Quechua et son matelas, de mon côté je mets en route le désormais célèbre « sèche-cheveux » c’est-à-dire le gonfleur automatique qui mettra 10 longues minutes à gonfler mon matelas sous les vivas... matelas 2 places qui permettra à mon père de se reposer aussi. Malik dort dans la voiture.











Au départ du Km 383 un type vient à mes cotés (il faut dire qu’à chaque point de contrôle je me retrouve à être souvent le premier à partir, comme si j’avais envie d’en découdre avec le bitume ) me dire « Tu roules avec les bleus ou tu dors à Romorantin ? ». Sur le coup j’improvise, « Euh on a rien décidé on est 3 potes on va voir ça ensemble. Il me répond « Moi j’hésite mais je crois que je vais pas dormir car si c’est pour se lever avec les orages merci. Les bleus eux, ils comptent arriver vers 9h00 ». Et là j’ai un doute. Il est à peine minuit et il reste 200 bornes, on en a déjà plus de 400 dans les mollets et eux ils comptent encore envoyer du, rapide calcul, du 23 KM/h sans arrêt ? Bon les bleus trichent un peu aussi. Explication. Les copains me rejoignent et nous retrouvons 3 ou 4 autres gars soudain des lumières derrière. Comme c’est interdit de rouler dans les phares de la voiture de son accompagnateur j’en conclue qu’il faut se laisser doubler. Or ce sont des cyclos qui vont nous doubler avec lesquels nous allons rouler comme des oufs durant 35 bornes. Plus souvent à 30 Km/h qu’à 20 parfois au-delà même. C’est bluffant grisant, interdit (mais nous on a pas choisi) et dangereux car ça génère un sentiment d’aisance et de puissance un peu sur-évalué… C’étaient les bleus. Romorantin, au-delà des 400 Kms puisqu’au Km 418 !C’est l’usine, dans une patinoire hors service les sympathiques bénévoles nous servent sandwichs et boissons. Grande question on dort on dort pas ? Les rôles s’inversent, j’avais un a priori contre l’arrêt sommeil et maintenant je ressens le besoin d’une halte repos plus que d’un arrêt sommeil proprement dit. Fanfan est le plus dispo à partir et Enzo pense que s’il on dort c’est maintenant car en effet on aurait aussi pu imaginer différer. Go on déballe d’autant plus que Malik aussi est chaud pour s’allonger un peu. Résultat, parking, 2 heures non pas de sommeil perturbé par une baston verbal sur la fin et la présence d’un horrible sèche-cheveux au volume sonneur inouïe dont l’utilisation sera sans doute interdite dans les prochaines cyclos. Il s’agit en fait du gonfleur de matelas de Fanfan.4h00 levé des braves. Je n’ai pas vraiment dormi mais je sens que je me suis reposé. C’est essentiel. Même si 2 heures de plus n’auraient pas été du luxe. Je change de textiles pour mon corsaire du Crabe.

4h du matin réveil général seul Malik a vraiment dormi, le parking s’est avéré très bruyant, on aura tout eu y compris deux cyclos qui manquent de se mettre sur la gueule pour une sombre histoire de voiture. De mon côté j’ai fait le rôti pendant 2 heures dans mon sac de couchage et je me réveille dans un sale état : très mal au ventre et mes genoux particulièrement douloureux. Petit café et il faut bien repartir, je demande aux copains de rouler doucement pour me permettre de récupérer.

La nuit va rapidement se terminer, il n’y a pas trop de dénivelé mais le temps est gris. L’oracle de la veille va-t-il se réaliser ? Oh oui et de quelle manière. Les premières gouttes arrivent. Nous arrivons dans un petit bled ou il est question d’auberge de chasseur. Malik en éclaireur nous invite à aller voir ailleurs ils ne font que dans le petit-dej complet (moi j’aurais bien aimé…) résultat on se retrouve dans un film de Sam Peckinpah genre avec un cinglé des « chiens de paille ». Le type de dos qui répond pas au bonjour. « Un grand crème SVP Monsieur ». « J’ai pas d’lait. » « Ahh Un double café alors… » « J’ai qu’une sorte de tasse ». Okkkkkkkkkkkkkkkk. Bref nerveusement on préfère en rire même si j’exclus pas un jour remettre les pieds dans ce coin de Sologne si sympathique par ailleurs.On repart. Comme un imbécile j’oublie dans la voiture mon coupe-vent et pis encore mon textile spécial pluie. Ce qui va pourtant tomber avec des éclairs sonores et impressionnant est assez rare. Une pluie dense et lourde. Nous sommes trempés comme des souches avec Enzo et Fanfan ne s’en tire pas trop mal avec son vêtement. En revanche il en bave. Le Bide et un peu le genou. Le jour se lève vraiment. Nous passons au large d’Orléans / Checy et j’ai une pensée pour mon pote Jean-Christophe témoin à mon mariage. Pour ma part hors crevaison l’affaire est gagné et dans les délais. Largement. Mais c’est dur…

A ce moment là je commence à m’inquiéter pour l’issue finale car ce mal de ventre a cloué mon paternel et pourrais bien me réserver le même sort. Les genoux font mal mais çà reste supportable, le vent frais me fait du bien et progressivement çà va mieux du côté ventre. Le reste du parcours va se faire au mental, et il reste 200 bornes. Le jour se lève assez rapidement et nous recevons les premières gouttes de pluie. Je me dis qu’au prochain arrêt il sera temps de prendre mon vêtement de pluie.Nous nous arrêtons dans le village de « Chaons » où Malik a trouvé deux troquets ouverts à 6h du matin !!! Bel exploit mais l’un ne propose que la formule petit déjeuné, nous nous rabattons donc sur l’autre qui représente une curiosité locale tant son patron est désagréable. Prodigieux. Belle tranche de rigolade malgré tout ! Encore une fois nous repartons, cette fois la lassitude est clairement là. Peu de temps après l’orage pointe, nous recevons des trombes d’eaux comme j’ai rarement vu, je parviens in extremis à mettre mon vêtement de pluie et me félicite de cet achat de dernière minute !! Enzo et Krusti sont trempés comme des soupes mais il fait relativement doux donc ils n’ont pas froid. Le Garmin tombe en rade une première fois, je n’ai plus de repère kilométrique et les kms sont littéralement interminables jusqu’à l’arrêt suivant au km 524. Il est 9h30 et Enzo comme moi ne savons pas comment nous allons faire pour rouler encore 100kms, Krusti est mieux visiblement.















La Beauce c’est plat. C’est pas plus mal même si c’est un peu lassant. La pluie est terminé, il était temps de rejoindre notre Malik car le froid commençait à m’inquiétait non pas qu’il faisait froid mais trempé comme j’étais… Je me rue sur du salé (bon sandwich avec du bon pain frais Saucisson Industriel Inside à faire pâlir Mister Dukan). Je suis comme un gosse devant des friandises.

Le prochain point de contrôle est au km 558, 34 bornes. Mon genou droit est cette fois très douloureux, j’ai ralenti l’allure depuis un moment déjà car je ne peux plus emmancher, je gère la douleur comme je peux. L’arrivée me semble très loin, je me concentre sur l’arrêt suivant : 20 bornes, 15 bornes, plus que 9kms jusqu’au prochain arrêt et les bons soins de Malik. Nous nous arrêtons au km 588, Enzo et Krusti veulent repartir vite car çà sent l’écurie et ils ont envie d’abréger. Je demande un peu plus de temps, je suis épuisé.

J’ai bien aimé l’arrêt au Km 558. Assez festif. Coup de téléphone à mon bun’s qui me dit prendre le RER dans une 1/2 heure pour nous rejoindre à Ballainvilliers. Mais la fin nous réserve de sales surprises. Fanfan dont le mal de ventre à depuis pas mal de temps disparu souffre de son genou de + en +. Plusieurs cyclos nous préviennent que la fin est cruelle, avec 2 bosses dont l’une… Tour de France … Contre la montre… 16%... patati patata bref du stress en plus. Dans une cote Fanfan est à l’agonie. Je lui propose mon triple mais son silence ne m’invite pas à la confiance. Nous sommes dans les 10 derniers Kms que nous comptons maintenant 1 à 1. Je n’ai compté qu’une bosse et j’attends la suivante, la + terrible, en imaginant Fanfan marcher à coté de son Kuota, image d’avance douloureuse mais s’il faut en passer par là…. Et puis à 3 kms de l’arrivée à mon compteur un officiel nous annonce pour ma plus grande surprise qu’il ne reste que 3 kms et que c’est plat. La 2° bosse était donc déjà derrière nous. Nous arrivons… C’est fini. Le premier cercle est là. Bun’s a apporté du Champagne, Stéphanie et là avec la petite, Christophe le Frère de Fanfan également et le St Patron nous félicite ce qui n’est pas rien.A moi maintenant de convaincre mes copains que ce n’était qu’une étape pour le Paris-Brest-Paris en 2011………………

Nous repartons pour la dernière tranche de 35kms. Au km 600 environ, je ressens un coup de poignard dans le genou droit. Cette fois je ne peux plus du tout appuyer sur la jambe droite. On nous a prévenus que cette dernière partie est la plus vallonnée de tout le parcours, je ne sais pas comment je vais rallier l’arrivée.Je suis à 10 15km/h, Krusti et Enzo comprennent que çà ne va plus. Je dis à Krusti que je ne sais plus comment faire, que j’ai trop mal. Je grimace dans les côtes que je grimpe en appuyant uniquement sur la jambe gauche, ils sont là, au ralenti à côté de moi et çà m’aide à tenir jusqu’au bout. En haut d’une bosse quelqu’un nous indique qu’il reste 3kms tous plats, que c’est fini. Je ne suis pas encore soulagé car chaque rotation me fait mal. Voilà les derniers mètres, on essaie d’arriver bras dessus bras dessous mais on manque de peu la chute collective. On se congratule, l’émotion est trop forte, on finit par se tomber dans les bras, tous les quatre, en larme. On l’a fait les gars, on l’a fait ... Les proches sont là, quel réconfort. Je mets un moment à m’en remettre puis nous prenons la collation d’arrivée tous ensemble. Nous allons chercher le trophée et le diplôme et nous dirigeons vers les voitures. Tout çà se terminera au troquet du coin car personne n’a envie de se quitter comme çà. Je m’écroule le soir venu d’une fatigue indescriptible.Voilà l’aventure s’achève, 3 jours hors du temps que je ne suis pas prêt d’oublier. Malik, tu as été une mère pour nous y compris pour mon paternel et toute cette aventure n’aurait clairement pas été possible sans toi. Je me demande encore comment on va pouvoir te remercier et te rendre un peu de tout ce que tu as fait pour nous ce week-end. Krusti, Enzo, Malik, on a vécu un truc incroyable ensemble et je crois que çà va nous lier au-delà de ce week-end, merci les copains pour cette aventure. J’ai aussi vécu quelque chose de grand avec mon papa et çà, çà vaut de l’or. Je comprends mieux tous ses exploits, imaginez qu’il repart dès demain matin en Bretagne, 600 bornes en solo !!! La suite ? Ben un peu comme après le MDP, soigner ces genoux, j’espère que çà n’est pas trop grave car il y a quand même Berlin en Septembre ... Paris Brest Paris 2011, on en reparle les gars, il faudra une autre préparation, c’est clair.






Pour ne rien vous cacher j’ai su très tôt qu’on était en train d’écrire tous les quatres une belle page de nos vies sportives, et pas seulement d’ailleurs .... Entre Bordeaux et Paris et même sur les routelues qui nous menaient à Boneffe j’étais persuadé que cette tranche de vie resterait gravée, que l’amitié en sortirait encore plus forte ...Et en ce WE de juin 2008 ce fût belle et bien le cas ... tous les 4 nous avons formé une équipe soudée comme jamais. Incroyable de passer autant de temps tous ensemble et de n’avoir quasiment aucun mot plus haut que l’autre, le TeamFrogus ce n’est pas juste pour faire genre ... ici on en parle car elle a pu être mise en exergue durant cette cyclo mais cet esprit fait bien parti de nous tous, et pas seulement de nous 4 ! Maintenant que les copains ont parfaitement résumé ces 32h10 de cyclo (24h de selle) je me permettrais de focaliser sur quelques points :
On a tendance à l’oublier une fois la ligne franchie et le vélo laché mais nous avons bien « dégusté » côté fesses. Le plus dur a été de repartir après les 2h de vrai-faux sommeil de Romorantin .... Quelle horreur de poser ces fesses sur cette selle. Idem pour les mains, m’enfin là il s’agit d’un cas plus perso, où les vibrations ont eu tendance à me faire souffrir ... Bob l’Eponge avait raison et pour une prochaine loooongue sortie j’envisagerais sûrement les plaques de gel sur le cintre.
Fanfan a raison quand il dit qu’arrivés au PK523 nous nous sommes demandés comment nous allions faire pour faire encore 100 bornes. Nous venions de faire une étape de 45km, qui nous a paru interminable, et étions vraiment à la rue tous les 2. Je peux le dire maintenant, j’ai failli abandonner à ce moment là ... je me suis dit que les 500km était passé et que c’était déjà bien. Quand le moral en prend un coup, que tu as mal partout, que tes mains, tes pieds, ton « derch’ » te font aussi mal tu te dis STOP ... Mais là encore Malik nous a peut-être sauvé ...nauséaux, fatigué j’étais à la limite de m’arrêter pour vomir. Donc à la simple évocation de bouffe vous vous doutez bien que l’envie de gerbe redoublait. Me souviendrais longtemps quand Krusti a parlé d’un ’bon’ sandwich au saucisson ...beeeeuuurk et pourtant j’adore çà, je m’en étais enfilé une tonne à midi d’ailleurs !!! ... et donc sans vraiment pouvoir m’alimenter, avec la fatigue physique, je me suis vraiment inquiété pour la suite et fin de l’aventure ... c’est là que Malik intervient, à bon escient, en trouvant une boulangerie. Quand il me propose une chocolatine toute chaude je dis non mais dès que j’ai senti le bazar mes papilles n’ont pas résisté (déclic ???) ... si je me souviens je me suis enfilé un croissant et une chocolatine. C’est super bien passé finalement, j’ai été requinqué sévère !!!
Une mention spéciale pour Krusti qui pétait la forme sur ce BPR ... çà s’est senti de suite ... le type est aux avant-postes dès le début. Plus tard quand nous nous retrouvons esseulé c’est lui qui emmène la plupart du temps. Y’a pas besoin de parler dans ces cas là, çà se fait naturellement. Faut donc quelque part remercier le Bun’s pour la valise et son approbation pour emmener Andorra à Tolo, çà nous a bien servi !-# Angle sur Anglin : j’ai envie de parler de ce village, le plus beau traversé incontestablement. Il faisait un cagnoute de folie, une longue descente rafraichissante et puis un pont, des fleurs, une rivière et surtout une vue sur cette cité médiévale absolument splendide. Bien à tomber c’est le moment choisi par F@bien pour m’appeler, il a du sentir combien j’étais heureux à ce moment là .... On en aurait presque oublié la montée qui nous permettait de sortir (trop vite) de cet endroit et continuer notre route. Le dernier mot sera pour ma chère et tendre qui a été, une fois de plus, d’un soutien moral et logistique sans faille. Dans les moments durs c’est à toi que je pensais Christine, je voulais que tu sois fier de moi et que ton aide nous serve à aller au bout de l’aventure. Nous y sommes arrivés et c’est aussi un peu grâce à toi ....


Quelques chiffres :
Bordeaux Paris Distance 617 Kms Pour les randonneurs temps Maxi 35 Heures. Soit une arrivée avant 17h00 le dimanche vu que les randonneurs partent le samedi à 06h00.

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