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Le joueur d’échecs, la géographie, le sacré...

vendredi 5 août 2011, par Krusti

Pourquoi joue-t-on ?

Pour se mesurer à autrui ; pour fuir l’ennui ; par goût du déguisement ; afin de se donner le bonheur du vertige...

(Extrait piqué ici ou là...)

Ah la géo !!! 1/2 Soeur cadette de la grande et belle Histoire pour un tas de générations. Enfin pour la mienne. Pour celle d’avant aussi et...

Faut reconnaitre que depuis quelques années et le dessous des cartes sur Arte [1] n’y est pas pour rien...


...on sort un peu de la géo à Papa, celle bien chiante à base de coupes mystérieuses et peu engageantes...

Bref maintenant la géo à la fac, ça semble carrément sexy, terriblement utile et c’est opportunément devenu une vraie science sociale.

Et les échecs dans tout ça ?
Et bien le monde échiquéen a la chance d’avoir dans ses troupes un thésard en géo qui a toujours concentré son attention sur les jeux en général et sur les échecs en particulier. Il a de plus commis un site http://sites.google.com/site/geoechecs/ qu’il met à jour régulièrement et que je vous invite à visiter au plus tôt.
On y découvre une mine de renseignements divers, on va de surprise en surprise et en dire + ne servirait finalement pas à grand chose. C’est clair je suis client.
Aux échecs son élo est d’autant plus impressionnant qu’il ne joue plus beaucoup ce qui ne semble pas tourmenter la courbe illustrant son rating Fide.

Oui il s’agit bien de Manouk BORZAKIAN [2]

... et comme on le voit il a quelques munitions pour s’aventurer sur le terrain d’une lecture géopolitique des échecs.;-)


Par extension on file direct sur un site où il intervient régulièrement, plus général, bien moins lié au jeu puisque relié à tout. Je veux parler des Cafés Géographiques http://www.cafe-geo.net/
Béni des Dieux il se trouve que je connais personnellement Manouk. Depuis assez peu de temps en fait car nous licencions dans le même club. Récemment nous avons partagé le pain ensemble un soir et, par delà un sens de l’humour que je qualifierais bien volontiers de complice, nous avons sans y toucher constaté un autre point commun, il s’agit d’un auteur, pas du moindre : Roger Caillois [3].

Ces 2 approches(couvertures ci-dessous) pourraient convertir plus d’un regard.

En même temps à ce stade rien ne peut laisser supposer une zone de contact. Mais tentons de passer d’un univers à l’autre.

Libres esquisses personnelles sur le Rapport Sacré / Jeu d’échecs.


Le web regorge d’analyses souvent pertinentes et parfois agréables autour de la symbolique du jeu d’échecs (Échiquier, cases blanches / cases noires, yin et yang, pavé mosaïque...) autour également de possibles lectures psychanalytiques.

Roger Caillois, de mémoire, considérait le sacré comme « Ce dont on approche pas sans mourir ». [4]

Piste informelle.

« Ce dont on approche pas sans mourir », il s’agirait donc, pour le pion du moins, de la rangée opposée ce qu’avait historiquement figé l’un de nos anciens avec sa célébrissime formule « le pion est l’âme du jeu d’échecs » [5]. Mais est-ce le seul rapport au sacré de notre jeu ? N’y-a-t-il pas plus à dire sur cette métamorphose ? J’y reviendrai...

“Au jeu” une nouvelle partie (d’échecs) et c’est tout le cosmos qui est réinventé.
De manière parfaite (à armes égales ?).
Tous les joueurs sont par conséquent des démiurges en puissance et faire et refaire le monde continuellement ressemble furieusement à une quête d’immortalité.
Homo neanderthalensis (approximativement calmé par des siècles de civilisation) apparait comme un chasseur (militaire) sur l’échiquier, théâtre symbolique des passions humaines s’il en est, mais, comme ce n’est qu’un jeu, il doit par conséquent mourir pour se transformer car sur un échiquier :

  • on ne tue pas les pièces adverses on les prend.
  • on ne tue pas le roi adverse on part à sa chasse et on le mate.

Et si l’origine littérale du mot mat rappelle la mort celle-ci est bien évidemment là-aussi d’ordre symbolique. Tout comme l’abandon consiste formellement à coucher son roi.

Une approche moins dramatique autour de cette idée de mort pourrait être de considérer la conversion du regard, mon sujet fétiche, que propose ou permet la pratique du jeu d’échecs. Les analogies entre ce qui se joue sur un échiquier et ce qui se joue entre les Hommes sont nombreuses et... souvent validées.
Je rappelle ici la merveilleuse formule « Il y a plus d’aventures sur un échiquier que sur toutes les mers du monde » [6].
Pour ma part ce qui me frappe c’est l’analogie entre la compréhension d’une combinaison aux échecs (du type les blancs jouent et font mat) et la modification du regard qui s’opère lors, par exemple, de la présentation(exégèse ?) d’une œuvre d’art.
Dans un prochain article je tenterai d’illustrer mon propos par l’exemple et d’indiquer pourquoi Frédéric Taddeï [7] fait beaucoup pour notre cause. Je tenterai également d’approfondir la formule de Castanéda que je cite hors lecture « Le Sacré est en quelque sorte le respect absolu de l’ordre naturel des choses de l’équilibre des mondes que toute impulsion maladroite, toute méconnaissance, précipite dans la disharmonie... » [8].

A bientôt donc ? B-)

Notes

[2Son site étant déjà évoqué il me reste à fixer un superbe article qu’il signe dans le Diplo d’Août 2009 Deux cents nations, soixante-quatre cases
La géopolitique en échecs

[3Fiche Wikipedia De cet auteur colossal je cite une nouvelle fois L’Homme et le Sacré ainsi que Les Jeux et les Hommes

[4On doit pouvoir facilement retrouver cette définition dans son ouvrage l’Homme et le sacré Editions Gallimard

[5D’après Philidor

[6D’après Mac Orlan ou Mac Mahon

[8On doit pouvoir facilement retrouver cette définition sur le web |-)

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