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Les 20 km de Tours

dimanche 28 septembre 2003, par Krusti

Mon premier 20 Kms.

Dimanche 28 Septembre 10h15 place Jean-Jaures. Départ dans 3/4 d’heure. Nous sommes devant les 2 grand stands, l’un présente les coureurs / coureuses déguisés, pas toujours de très bon goût, parfois très drôles. La pression monte, celle cardiaque de Néné qui tourne à plus de 100 à l’arrêt. Je cherche du regard si il y a des têtes connues, pas de François Testu pourtant annoncé, bon il y a le docteur Rivalain dans le coin. Mon cardiofrequencemetre commence à déconner, je sais pas ou j’en suis.

Un type glauque vient de derrière se coller à nous histoire de se rapprocher de la grille de départ car nous sommes bien devant, une petite bouteille vide à la main. A quelques secondes du départ il pissera dedans, bonne idée, et la posera par terre, le salaud, certain du résultat, c’est à dire qu’elle éclatera sous les milliers de foulées qui suivront.

Car un départ comme cela c’est grand ! Kompay m’avait prévenu mais faut le vivre. Voilà le tableau : Tout à coup, le départ est donné, ça commence à trottiner, puis ça s’arrête, ça redémarre aussitôt et cela s’arrête encore une ou deux fois, un système de marée, et encore, nous sommes dans les premières dizaines de coureurs ...qu’est-ce que ça doit être derrière ? ? ?

Ca y est les remous du départ ont disparus, ça court vite, là aussi kompay m’avait briefé, c’est quasi impossible de ralentir, la poussée qui vient de derrière est trop forte. Quelques-uns, pas sympas du tout, jouent même des coudes de manière assez agressives. En revanche dans le même temps, c’est à dire dés les premières centaines de mètres, le public est là et le fait savoir. Les 20 kms de Tours, c’est quand même et surtout une grande fête. C’est vachement émouvant, je prends tout pour moi. Ils sont tous venir voir Krusti courir le 20 Kms :=)

Avec Néné et Kompay on s’était dit qu’on jouerait groupé, mais je savais bien que vu les temps que nous réalisions chacun à l’entraînement, j’étais sur un rythme de départ assez nettement inférieur aux leurs.

Kompay n’arrête pas de se retourner pour voir s’il ne me perd pas des yeux dans la marée humaine, cette attention me touche beaucoup.

A peu prés aux alentours de la patinoire, en même temps que je découvre la présence d’orchestres, je lui fait signe qu’ils peuvent me lâcher, je préfère retrouver mon rythme.

Mon objectif c’est de le finir ce putain de premier 20 kms et si possible en dessous de 2h10-2h15, celui de kompay et néné c’est de finir en dessous des 2 heures et aux environs d’1h45 - 1h50...C’est pas la même course.

Nous contournons la patinoire et on arrive quartier de la rue d’Alger, génial des bosquets !!! Là je m’arrête pisser, je suis pas seul et ça soulage grave... Je repars, effaré de la quantité de coureur. Passage à la NR, le temps est incertain, c’est limite. Nous passons sous un pont, les hourras du publics continuent de me sidérer, je suis vraiment très ému, on à pas fait 5 bornes que j’ai déjà l’impression de réaliser quelque chose de grand.

Le fait de ne jamais doubler personne mais de continuer à voir du Monde me doubler tranquillement mais constamment me ramène à une perception plus modeste de ma prestation.

Aux alentours du pont St-Sauveur je me taille un petit succès en brandissant mon jetable en face de moi et en me photographiant en train de courir... ça rigole bien derrière et sur les trottoirs, je referai ça rue nationale et à l’arrivée, vers la fin du parcours le photographe de chez Germain me verra faire et trouvera ça très drôle.... Putain c’que j’suis drôle quand même.

On arrive au Km 5 je suis déçu par le ravitaillement… bon il y a des quarts d’orange, ça c’est top, de l’eau, mais je sais pas, je m’attendais à quelque chose de plus maousse (entrée plat dessert ?) C’est la seule légère fausse note, le reste est nickel en terme d’organisation et le tracé génial.

D’ailleurs je suis très content de faire mon premier 20 kms à Tours, ça rassure de connaître le tracé dans le détail rien qu’à la lecture du dépliant publicitaire… je m’aperçois aux kms 5,6,7que l’on passe bien par les endroits que j’imaginais quand je préparais mentalement cet évènement.

Quartier du général Renault - Boulevard Thiers j’ai une pensée pour mon pote Pat qui habite dans le coin, mais il est pas encore midi, il doit être encore au lit. :=)

Quartier Entraigues, victor hugo, Beranger, souvenirs… les petites douleurs du début (départ trop rapide) me quittent, j’ai pas trop l’impression de courir très vite, d’ailleurs je cours pas très vite.

Je ne sais pas du tout dans quel temps je me situe n’ayant comme repère habituel que le tour de l’Hippodrome de Longchamps (3650 m que je trace en 25 minutes… donc tranquille).

L’arrivée au passage du boulevard Béranger constitue une étape importante pour moi car je sais qu’il s’agit de passer l’axe Place jean-Jaures un peu comme si le circuit etait constitué d’un coté nord et d’un coté Sud relativement à cet axe.

Heureusement les deux parties sont très inégales c’est une évidence (bien plus encore que dans mon esprit) et la fin du 10 kms est toute proche.

Je descends la rue Bretonneau, re-souvenir, de toutes façons chaque croisement est un souvenir, je passe devant la Fac, je regarde du coté de l’Eglise St-Saturnin déçu de ne pas voir Nathalie et Juliette mais, joie, elles sont 200 mètres plus loin à gauche . J’appelle Juliette qui souris en regardant ailleurs, Nathalie m’encourage c’est très sympa de les voir là.

C’est la rue nationale, mon Cardio Fréquencemètre, outil si précieux habituellement, n’a pas arrêté de déconner, dés le début il marquait 209 pulsations minutes puis 0 etc etc… pb de réglage, et là maintenant il se détend et me pend sur le bide... En pleine course, sous le regard très étonné des spectateurs, je le retends et le replace sans m’arrêter, le débardeur relevé, très esthétique j’imagine… arrivée sur la place jean-jaures, légère déviation pour pas gêner l’arrivée du 10 bornes je m’aperçois que je passe sur la base de 1h02 ce qui constitue pour moi une magnifique surprise compte tenu de mes résultats à l’entraînement....

Mais l’autre surprise est énorme, la deuxième boucle qui démarre n’a rien à voir avec la première en terme d’ambiance, beaucoup moins de participants et beaucoup moins de public... En même temps la rareté des encouragements les rend encore plus motivant en tous cas je suis client, les services municipaux, la police , les quelques spectateurs encore présents auront et jusqu’au bout des encouragements oh combien précieux. C’est l’intérêt de courir lentement on peut en profiter et regarder ses supporters dans les yeux.

Kms 12,13,14 c’est l’inquiétude de la course, mon genou gauche tout à coup me fait violemment mal, ça rigole plus, ce genre de douleur quand ça persiste c’est plus une affaire de courage ou de volonté c’est « ON » ou « OFF ».

Je passe aux alentours du palais des sports et je prends en courant une photo d’un groupe folklorique... ils sont super content. Je cours un peu en claudiquant, je suis malheureux, je vais quand même pas m’arrêter une fois les 10 premiers kms bouclés ...

Une mamie avec sa petit fille me montre du doigt à un moment où me voir courir doit faire pitié et dis à la gamine « Regarde le monsieur comme il est courageux de courir, il a mal au genou » plutôt que de m’encourager ces propos me tétanisent... ça se voit donc tant que ça ? ?

Je décide d’encore ralentir, c’est même plus un rythme de footing. Je lève la tête et je vois Sylvie Bonduel-Dayan caméra au poing en quelques sortes qui me demande ou est Corbin.. je la renseigne lui indiquant qu’il est lâché comme beaucoup d’autres. à mon avis elle me croit pas elle a raison.

Entre le palais des sports et la NR, plus grand Monde ,la pluie redémarre un peu plus sérieusement quelques instants, un orchestre de Cuivre plie les gaules, nous nous saluons chaleureusement.

Sur le Boulevard Winston Churchill, ça sent déjà la fin de l’événement, faut puiser dans les ressources il y a plus grand monde sur la route encore moins sur les trottoirs. Le km 15 est atteint, la douleur est partis, je recours tranquillement sans excès, quelque chose me dit que je vais terminer… au km 17 c’est gagné, plus rien ne pourra m’arriver une légère euphorie me gagne. Ces mystérieux moments ou l’esprit se détache du corps, où on a l’impression de se regarder effectuer l’effort.

Un type me voit arriver sûrement du relais médical et me lance - ça va le genou ? - il est plus inquiet que moi. Les derniers kms sont sympas tous le monde a un mot gentil et encourageant… nous sommes les coureurs de queue.

Je passe devant chez Kad, il y a du monde, au premier tour j’avais très vaguement regardé, là c’est net il y a mon bubu accoudé, profil motivé, je suis intérieurement mort de rire et trop content. Je m’arrête, je fais demi-tour sur 20 mètres, je me place à l’entrée du bar pour lui lancer un truc du genre « Bon Bubu je finis le 20 kms et je suis à toi » il sourit étonné, je suis super content qu’il m’ait vu. Partage.

Je suis dans les 2 dernières bornes, j’arrive sur la place Jean-Jaures, mes 2 potes sont perchés et m’accueillent avec des vivats, c’est super sympa, je suis si heureux, je me photographie avec mon jetable en plein arrivé.... Le bonheur… j’ai mal partout, 2h10, ça devrait pas être trop dur de descendre sous les 2 heures, mais j’ai mal aux jambes et au genou..... Je rejoins mes potes, je tombe dans les bras de Kompay « On l’a fait ».. Kompay et Néné sont à 1h48 et 1h47, nous avons tous rempli le contrat que nous nous étions proposés c’est géant.

Alain Dayan est là, nous l’avions croisé avant la course, il est stupéfait 1) que nous ayons couru le 20 km 2) jusqu’au bout ! ! ! Son étonnement est chaleureux, je suis super content de le retrouver.

Nicolas Gautreau est là aussi, il y croyait pas non plus je crois, à cette histoire de 20 bornes evoquée la veille au téléphone, sa gentillesse est touchante.

J’appelle mon Bun’s, elle est fière de moi, rien ne pouvait me faire plus plaisir.

Je pense déjà à mes potes Laurent & Gillou, eux savent bien que c’est un soir en voiture, rentrant d’une fameuse soirée Tourangelle, que tout a commencé.

Krusti.

2h10m13s

1299e sur ....

425e sur 430 arrivants dans ma catégorie (VH1)

Les 3 médaillés.




Photo officielle du Kompay.




Auto-photo à l’arrivée, et oui j’ai voyagé avec un jetable.



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