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Paris La belgique (340 Km).

dimanche 25 mai 2008, par Krusti

Paris Boneffe Départ Minuit de Paris. Avec Enzo & Fanfan.

1° partie dans laquelle nos 3 amis se jouent des problèmes materiels et d’une météo indélicate.

Minuit au coeur de 12° Arrondissement de Paris...
Aprés avoir chargé les sucres lents préparés par mon Bun’s et en présence de Ricoulélé, Malick, et des « femmes de Fanfan » (quelle bonne surprise tout ce monde) nous décidons de... réparer la crevaison de Fanfan justement. Dont on mesure au seul fait qu’il se pointe sur l’aire de départ avec un pneu crevé, l’exigence de la préparation. ;-)
On nous le dira plus tard, on avait pas l’air inquiet au départ.
Vu ce qui allait nous tomber sur la tronche en terme d’épreuve, finalement c’est pas plus mal...

Place Félix Eboué, Ancienne place Daumésnil donc, nous sommes là à attendre le pile minuit.
Je suis pour ma part un peu saisi par le froid, pourtant je ne suis pas le plus sensible de ce coté là, Bun’s me propose de remonter chercher un textile à la maison, je ne parviens pas à me décider sur lequel, elle va me redescendre les 2 que j’envisageais, un technique manche longue et un coupe vent manche longue. D’emporter les 2 va me sauver.
Bref c’est Angelo maintenant qui arrive en voiture, trop fun comme surprise, top sympa, quelque échanges une petite émotion qui perce et c’est le départ, tiens Baltha n’est pas là, il est pourtant rarement absent quand la nuit tombe.
Je crains un effet collatéral mais bien sur que non, nous descendons avenue Dausménil (aprés un bisou à mon Bun’s qui masque son inquiétude...) et tout d’un coup voila le centbornard qui se pointe sur son tracteur magique, pour la peine il nous emmenera jusqu’aux portes de paris celles de la Villette si je peux utiliser le pluriel. Un coup de téléphone du Jibé, les textos des proches on s’imagine pas encore bien ce que c’est de partir si loin mais nous commençons à comprendre ce que c’est que de rester et de nous voir partir....

Sortie de Paris par les maréchaux (de nuit ça va finalement)...

Notre Tracto-Photographe nous suit puis nous laisse. Nous sortons de Paris pour pénétrer vraiment dans notre aventure. Nous sommes 3 copains en vélo pour un long moment...

Banlieue, Bobigny, Drancy, à peu prés aussi accueillantes la nuit qu’une maison d’arrêt le jour. Quelles Zones...
On passe au large de groupes locaux prompts à nous encourager de sympathiques « Allez Richard » ce qui laisse supposer que quelques-uns ont on une assez parfaite maitrise des histoires récentes du Tour de France. Notre sortie de Paris entre minuit et 1h00 a quelque-chose de surréaliste, c’est plein de lumière et il y a de la bagnole trés souvent bref une grosse activité urbaine... avant de pénétrer dans les zones !
Puis ça y est on s’éloigne la nuit est plus opaque le froid pointe son nez. Je suis impressionné par les première lignes droites, je ne pensais pas que nous nous retrouverions sur du plat aussi longtemps. C’est une bonne nouvelle.
Il faut vous dire lecteur affâmé et désireux de percer nos secrets qu’en matière de préparation du Road book je n’ai participé que trés peu et au début par la concentration de divers liens et la collecte de plusieurs informations, puis plus du tout.
Non pas lassitude, lâcheté, incompétence même si aucune de ces explications n’est vraiment totalement absente, mais bien parce que notre trio compte en son sein un responsable « carte routière » qu’il eût été vexant et surtout scandaleux et incohérent de vouloir concurrencer.
Un triple Ban pour la prépa d’Enzo, car ce qu’il a fait c’est du travail aux petits oignons.
Aucune fausse note, sur plus de 340 Kms aucune inquiétude sérieuse et un tracé que montrera Google-earth tout à fait maitrisé. Chapeau l’artiste.

Retour dans les 50 premiers kilomètres car j’ai insisté et obtenu auprés de mes 2 amis d’infortune que nous nous arrêtions toutes les 50 bornes et ce sans barguigner. (Dans la deuxième partie du trajet nous raccourcirons même les laps à 40 bornes. En effet quelques minutes d’arrêts régulières facilitent la lutte contre la fatigue et le sommeil).
Nous traçons sans effort et tout d’un coup dans une légère montée je me retourne et constate 2 vélos assez loin derrière moi à l’arrêt. C’est Fanfan qui vient de prendre un nid de poule, exit son appareillage lumineux avant....

Nos regards se tournent vers ma Led qui manque un peu d’ambition, et également la lumière d’Enzo très peu Kuota-Compatible vu qu’elle est blindé d’un maximum de couches de ruban adhésif tout à fait seyant.
Restent également les frontales dont les vertus quant à l’éclairage réelle font encore à cette heure l’objet de controverses et de désaccords au niveau de l’appréciation et de l’intérêt réel.
Le gros bordel scotché sur le cintre de Krédo va d’ailleurs confondre sa prétention de 120 heures d’autonomie avec 120 minutes et nous lâcher un peu plus tard... Résultat Seul mon vélo restera doté d’une lampe-avant de nuit... Bon test que cette sortie...

C’est là que pour ma part la pire des périodes va commencer dans une épreuve qui au global m’a plutôt épargné. La nuit, pas de lumière dans les forêts et on y voit vraiment rien.
La fatigue et tous le reste font que je suis concentré en permanence, tendu des épaules jusqu’au bout de mes pneus et je vais rapidement me retrouver avec des douleurs autour du cou jusqu’au milieu du dos qui vont me faire un peu flipper....

Il faut parler de l’arrêt du coté de Senlis, au Km 50. Un banc, une place avec lampadaires, les premiers petits sandwichs et 4 policiers effarés de nous trouver là et qui vont oser et ce malgré nos textiles colorés significatifs, nos casques encore bien présents, l’évidence de 3 vélos de courses, l’immédiateté du constat évident que nous sommes des randonneurs à vélo bref ils vont oser le terrible . Qu’est-ce que vous faites ?

Le reste se passera bien avec gentillesse, la courte conversation se poursuivra, et nous les retrouverons plus tard à la sortie du bled avec appel de phare bienveillant, Il faut dire que quand nous leur avons dit que nous allions en Belgique.... Senlis c’est encore loin du manneken-pis.

Au km 100, Orvillers-Sorel, un deuxième arrêt bienvenu. C’est fou le nombre de camions la nuit. Bob avait forcément raison sur les chasubles, faut savoir se faire voir en vélo, on est pas grand chose... A cet arrêt je me réjouis d’avoir transporté le fameux textile supplémentaire, en le revêtant une chaleur m’envahit. Faut dire qu’à 4 heures du matin dans la pampa direction le nord de la france, c’est pas encore Reykjavik mais c’est déjà plus St Raphaël.
Bon sang je plains intérieurement mes 2 amis qui sont manifestement un peu court en vêtement chaud... Ils sont bien courageux. Mais c’est trés Frogus tous ça et je m’y connais en la matière. La mauvaise foi et le vrai signe de reconnaissance du Frogus. « Quoi je suis en culotte courte par - 5 en plein vent ? Non j’ai pas froid », dit-il la peau déjà violette et le souffle court.

Bref les premières lueurs du jour font leur apparition. Disons qu’on les sent venir. Physiquement mis à part de nombreux bâillements je suis vraiment en forme ça chauffe un peu les cuisses sans jamais bruler, les jambes tournent bien les relais se font très correctement, je crois que c’est le sentiment global dans le team. Enzo baille souvent et nous dit régulièrement qu’il a sommeil. Fanfan ne se plaint de rien, mais c’est certainement le + breton de nous 3 et pis de toutes manières il est tout bleu.

Nous devons être aux alentours de 23/24 de moyenne, je ne m’y intéresse pas vraiment en fait. En même temps hors le froid le sommeil et la nuit nous ne rencontrons pas de difficulté particulière. Pas de pluie et surtout pas de dénivelé méchant. Aussi mon inquiétude sur ma capacité à rouler dans les monts demeure. En effet je reste en peu sur la désagréable impression des 60 dernièrs Kms de notre 200 (Plaisir Chartres Paris) qui , du fait probablement d’une phase de mon régime un peu particulière m’avait un peu scotché en bas des cotes.

Km 150,Vermand, le jour est là. Effectivement voir le jour se lever ça le fait. Voir des panneaux d’indications kilométriques comme Cambrai Arras ça commence à causer... Je chope un message téléphonique de Vincent qui manifestement n’a pas oublié d’aller au resto la veille et qui, au prétexte que celui-ci était Polonais, en a remis un peu coté Vodka. Saisissant moment que le soutien d’un copain chaud dans tous les sens du teme à des pauvres ères, frais dans tous les sens du terme. Le résultat c’est que ça fait du bien. Les textos sont là. C’est trés réconfortant.

Enzo nous indique une particularité dans ce qui va nous arriver. Rien moins que 60 bornes en ligne droite. Je me vois déjà comme dans un Road-Movie avec du plat à perte de vue. T’as raison mon con me sussure une petite voie, celle du demi-frère de l’ange noir de Baltha sans doute.

Non seulement c’est une route à camions mais rapidement blam une grosse bosse, 200 mètres pèpère et vlan 2° bosse... And so on. ça y est les premières difficultés arrivent. Maintenant il faut attendre la prochaine pause. C’est à ça aussi que ça sert les pauses courtes rapprochées, à faire du bien au moral et à donner de la perspective à court terme. On s’arrêtera au Km 200 ? Au Km 220 à Bavay étape mythique prés de la frontière ?
Finalement on fera les deux.
On est bien dans le Nord, un panneau nous le signale. J’ai un pincement au cœur, la notion de département est très présente chez moi, et changer concrètement de département évoque quelque-chose d’important bien que peu exprimable.
Pour le dire différemment quand j’arrive et qu’un panneau officiel me dit « Bienvenue dans la région du Nord » et ben je prends ça au premier degré.
Alors en vélo, en matinée et bien crevé je m’étonne encore qu’on ne m’ait pas entendu répondre « Merci »

Au Km 200 on s’arrête au milieu de nulle-part mais un nulle part où on vent des andouillettes... nous ne craquerons pas.....

2° Partie Dans lequel à Bavay : Krusti Fanfan et Pantagruel connaissent leur plus grande pause.

En un clin d’oeil tout change. Nous avons maintenant 220 bornes dans les jambes, même pas mal, il doit être aux alentours de 10/11 heures et nous nous retrouverons en terrasse d’un café au milieu d’un marché. Un soleil miraculeux et je dégage tous mes textiles hors le maillot... Du bonheur. Pantagruel commence sa séance, je suis impressionné. Tout y passe, baguette aux lardons, pommes de terres, et ci et ça. C’est géant. On est comme même pas totalement en reste avec Fanfan. On a faim et on commençaient à s’impatienter de pouvoir boire du chaud.
On est conscient qu’on fait trainer cet instant. Nous en avons besoin. Échange de texto avec les amis, vincent au fil, bref le moral est top. Les 60 bornes en sinusoïde m’ont secrètement rassuré, je ne crains plus les côtes on roule à 3 tous le temps. Que c’est bon.

Allez go, direction la Belgique qui nous tend sa frontière.

A partir de maintenant les étapes ferons 40 bornes ainsi nous prévoyons en gros prochaine étape 260 puis 300 et arrivée aux alentours de 340... Nous voici donc dans le Hainaut Français et nous allons vers le versant Belge de cette région, au large de Mons vers Seneffe, Nevilles j’en passe...Ce qui frappe à ce moment là c’est l’arrivée de 3 nouvelles galères.

Les revêtements, un cauchemar pour nous les cyclos. Les pavés, mais aussi, les plaques de bétons qui à chaque jointure font sauter le biclou.
Le relief, ça commence, on est pas encore du coté de Namur mais ça envoie comme même.
Le vent d’Est....

En revanche il commence à faire chaud, c’est calme, nous passons dans un paquet de ville sans activité, est-ce l’heure ? Une illusion d’optique ? C’est pas désagréable en tous cas.....

On s’arrête vers le Roeulx ; je mange un sandwich poulet (mayo... crudité..) délicieux acheté et transporté depuis Bavay.
ça redémarre....

Malgré tout au fond de moi depuis Bavay je sais que c’est gagné. Quand je dis gagné je veux dire je sais que maintenant avec ou sans crevaison et d’un manière plus générale sans catastrophe majeure nous serons à Boneffe dans la journée. Et trés probablement avant la borne que pour ma part j’avais évoqué dans un soucis de sécurité celle de 18h00.
ça me réjouis grave...

Nous arrivons à Frasnes. Dans un bar génial. Le vrai bar de campagne, dans lequel les gens se connaissent et pour lequel j’ai un profond respect. Nous arrivons et déconnons d’entrée de jeu et le contact se fait. Du « Noss Peket » sur les étagères, de la Stella à la pression, un remplissage consciencieux de nos gourdes et nous passons un bon moment. Une bière au Km 300 ça peut pas faire de mal.

Chapitre dernier dans lequel nous connaissons l’enfer au niveau 9, maximum sur l’echelle d’Eghezé

C’est un peu les montagnes russes maintenant et la fatigue se fait sentir, on a hâte d’arriver. Le premier panneau Eghezée apparait avec 18 Kms indiqués... Mais nous nous trompons et ne prenons pas la N192 à gauche mais une autre trajectoire un peu avant et parallèle. Sans vraiment y perdre beaucoup en distance on ne va plus avoir d’indication kilométriques. Le GPS de Fanfan a montré des signes de faiblesses depuis quelques temps, celui d’Enzo a suivi les traces de son pote « la lampe » et mon 301 vintage, le plus motivé des 3 appareils, s’est endormi au Km 307 précisément... on va rouler au large d’Eghezée demandant des renseignements aux locaux toujours sympathiques mais pensant être finalement aux portes d’eghezée notre joie montante va être douchée quand apparait Eghezé 9. Catastrophe. Que sont 9 Kms au regard des 330 et même plus que nous venons de parcourir ? Les 9 de trop....
Enzo est mal (une hypo réaction ? Une fringale ?) avec Fanfan sans un mot on va prendre en charge la fin de l’aventure. On envoi du lourd, avec l’énergie du désespoir car on est un peu à cran comme même et on pédale de rage, les relais se font, et se font bien, avec Enzo bien calé derrière. C’est comme si on se vengeati de quelque-chose. Nous arriverons, mais nous arriverons la tête haute.

Eghezée ça y est..... Comme de bons garçons nous passons à la pharmacie acheter des brosses à dents et téléphonons à nos zamis de Boneffe.... Arrivée finale à 17h33 pécho par Nine appareil photo à la main....

C’est fait ! Plus de compteur mais un rapide calcul et nous sommes entre 340 et 350 bornes....La prise en charge par les Folich va démarrer... nouvelle aventure

Krusti

Yes.

PS : Aucun de nous 3 ne doute de ce qui s’est joué dans cette aventure. Il y a de l’intime et il y a aussi la certitude que cette aventure connaitra une numérotation à l’instar des cyclo-frogus.

Pour faire 340 bornes ’une traite ; nous aurons l’occasion d’en reparler, il faut s’assurer d’un confort sur 200. Ensuite en roulant régulièrement avec une sortie de 120 le dimanche (la fameuse sortie du Dimanche) ça devrait le faire.
Une autre manière pour vous dire qu’avec Fanfan et Enzo nous serons là encore à la prochaine édition et que nous nous réjouirions de trouver de nouveaux Frogus motivés. Le deal est passé avec Folich accord bienveillant sans problème mais sans fête associé la veille des 20 Bornes de Bruxelles !!! ;-)

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